
La reine Marie José d’Italie demeure l’une des dames les plus emblématiques des familles royales d’Europe. Pourtant, beaucoup en savent peu sur sa vie, en particulier au-delà du glamour tel qu’il était dépeint autrefois. Comme cet article (ci-dessous) le révèle, il y avait bien plus à cette personne pragmatique, mais ayant un esprit démocratique.
En mai 1946, une grande dame aristocratique passait la journée à aider les sans-abri dans la région de Cassino. Cependant, lorsque un assistant l’a appelée ‘Votre Majesté’, l’individu a soudainement réalisé qu’elle était devenue Reine d’Italie. La dame en question était Marie-José, la fille du feu Roi Albert I des Belges et de sa femme Elisabeth. Mais comment cette situation avait-elle pu se produire?

La princesse Marie-José est née à Ostende en août 1906. Elle était la benjamine des enfants du roi Albert Ier des Belges et de sa consort, née duchesse Élisabeth de Bavière. Par celle-ci, elle était petite-nièce de l’iconique impératrice Élisabeth d’Autriche (‘Sisi’). La princesse a d’abord été élevée au château de Laeken à Bruxelles, avec une maison de campagne à Ciergnon. Alors que les batailles de la Première Guerre mondiale se déroulaient en Europe continentale, elle a passé de nombreuses années de primaire en Angleterre où elle a fréquenté l’Ursuline Convent High School à Brentwood, Essex. Une influence particulière était Mademoiselle Hammersley, une femme anglaise raffinée qui s’occupait de sa protégée. En 1917, Mademoiselle Hammersley accompagnerait Marie-José en Italie où la princesse fréquenta l’Istituto Statale della Santissima Annunziata à Florence. Les cours étaient traditionnellement enseignés ici en italien, anglais et allemand.

Avec l’arrivée de la paix, la princesse Marie-José retournerait à Bruxelles où, en 1919, elle s’inscrivit à l’Institut Sacré-Cœur à Linthout sous la direction de la Mère Supérieure Jacquemin. Elle y resterait jusqu’à l’âge de dix-huit ans et bénéficierait d’une éducation catholique de bonne qualité.
Un visiteur au port d’Anvers en Belgique à l’automne 1922 était Umberto, le Prince de Piémont et héritier du trône d’Italie. Il est arrivé à Anvers à bord du navire Ferruccio pour représenter officiellement l’Italie à l’inauguration d’un nouveau canal. Il a été accueilli par Marie-José et ses frères. La princesse a ensuite été montrée sur le navire par Umberto (qu’elle avait rencontré plusieurs années auparavant en Italie) et a été impressionnée par son apparence bronzée, ses cheveux d’un noir jais et son élégant uniforme militaire blanc. Ce fut une brève rencontre, au cours de laquelle les visites du Prince de Piémont à Rhodes, Benghazi et Tripoli ont été discutées. Il devait y avoir une étincelle suffisante entre eux, car le septembre suivant, la famille royale belge a été invitée pour une visite d’un mois au château de Racconigi près de Turin. Bien que des devoirs militaires et officiels aient signifié qu’Umberto n’a fait qu’une seule brève apparition, cela a donné à Marie-José un aperçu de la vie au sein de la Maison de Savoie. Cette visite a également dû s’avérer fructueuse car l’année suivante, la mère d’Umberto, la reine Elena, a écrit pour dire à une amie en Belgique qu’elle continuait à espérer une union entre son fils et la princesse Marie-José.
Ainsi, en janvier 1930, à la suite d’une longue romance, la princesse avait épousé Umberto, le prince de Piémont, dans la chapelle historique Paolina du palais du Quirinal à Rome. Au départ, Marie-José et Umberto vivaient au palais royal de Turin. Cependant, contrairement à son mari plus respectueux (qui appelait toujours son père, le roi Victor Emmanuel, ‘Majesté’), la princesse belge était beaucoup plus une âme libre. Elle préférait organiser des soirées musicales passionnantes et travailler avec la Croix-Rouge plutôt que d’observer une étiquette de cour stricte. Dès le départ, Marie-José était également passionnée par l’étude de l’histoire de la Maison de Savoie, dans laquelle elle s’était mariée.

Cependant, un déménagement à Naples, en novembre 1931 (où Umberto avait été nommé Commandant de la 25e Infanterie), devait s’avérer fortuit. Le couple pouvait échapper aux confins du Palais Royal de la ville pour des week-ends de détente à la Villa Rosebery dans la banlieue balnéaire de Posillipo. Marie-José se sentait également plus émancipée parmi les Napolitains heureux et détendus : elle jouait au tennis trois fois par semaine à la Villa Communale et avait établi un Réfectoire Public pour nourrir les pauvres de la ville. Épanouie et amoureuse, elle décrivit plus tard cette époque comme ‘les meilleures années de notre mariage.’ L’apogée de sa joie fut la naissance d’une fille bien-aimée, Maria Pia, le 24 septembre 1934.
Pourtant, c’était aussi une période difficile. Le père de Marie-José, le roi Albert, est mort dans un accident d’escalade pendant sa grossesse et on lui a conseillé de ne pas voyager en Belgique pour les funérailles. Puis, en août 1935, sa chère belle-sœur suédoise, la reine Astrid, a été tuée dans un horrible accident de voiture en Suisse. Toujours en arrière-plan, il y avait aussi les machinations troublantes du gouvernement d’extrême droite de Mussolini, ou plus précisément son invasion de l’Éthiopie en octobre 1935. Bien que la Princesse ait de graves réserves sur les actions et les politiques d’Il Duce, elle s’est débrouillée en essayant d’être d’une utilité pratique. Marie-José a été formée comme infirmière et a suivi un cours en médecine tropicale. Son travail à l’hôpital lui vaudra bientôt le titre de ‘Soeur Marie-José.’ Lors d’une tournée des troupes italiennes en Afrique en 1936, la Princesse a été troublée par les mauvaises installations et le moral bas des troupes. Elle était également indignée par la machine de propagande de Mussolini, qui la décrivait de manière provocante, mais inexacte, comme l’ ‘Impératrice de Éthiopie ‘
Avec le passage du temps, Marie-José déplorait la proximité croissante d’Il Duce avec Hitler. Cela entraînerait finalement une confrontation, lorsque la Princesse décida que les bénéfices de ses concerts de collecte de fonds à Naples devraient être donnés à son ‘Fonds de travail de la Princesse de Piémont’ plutôt qu’au ‘Fonds national de travail’ du Fasciste. Un des principaux bénéficiaires de la générosité de son Fonds était ‘l’Association nationale pour le sud de l’Italie’, une région plus pauvre, qui était supervisée par l’éminent archéologue et anti-fasciste, Umberto Bianco. Le régime fasciste à Rome était furieux. Ils n’étaient pas non plus enchantés par l’association de Marie-José avec des ‘libéraux’ tels que l’archevêque de Naples, le cardinal Alessio Ascaresi et le philosophe Benedetto Croce, dont la maison fut perquisitionnée par des soldats fascistes.

En février 1937, la princesse de Piémont a donné naissance à un fils, Vittorio Emanuele. Elle n’a pas été très heureuse d’apprendre que le Grand Conseil fasciste avait le pouvoir de délibérer sur la capacité d’un héritier à régner et a confronté Mussolini à ce sujet. Il a été déstabilisé par son approche directe, si différente de celle de son beau-père, le roi, que Marie-José considérait comme complaisant dans ses relations avec les fascistes. ‘Un monarque’, a reproché Marie-José à son mari Umberto, ‘doit être là pour tous ses peuples.’ Une rencontre avec Hitler à Naples n’a guère dissuadé son point de vue ‘démocratique’. En effet, en septembre 1938, la princesse a rencontré le héros de la Première Guerre mondiale, le maréchal Pietro Badoglio au château de Racconigi pour discuter d’un plan visant à évincer Mussolini et à persuader le roi Victor Emmanuel ‘discrédité’ d’abdiquer, ouvrant ainsi la voie à un gouvernement anti-fasciste. Cependant, l’accord de Munich du 29 septembre a court-circuité cette tentative.
Lorsque l’Italie a déclaré la guerre à la Grande-Bretagne et à la France, en juin 1940, Marie-José a informé une dame d’honneur que la monarchie en Italie était ‘finie’. Elle était déjà sous le choc des nouvelles de l’invasion de sa patrie, la Belgique, par les forces nazies le 10 mai. En effet, la princesse avait été ‘prévenue’ des intentions de l’Allemagne par un Pape Pie sympatique le 6 mai. Cependant, les tentatives de Marie-José pour alerter le gouvernement belge ont été contrecarrées par l’ambassadeur belge à Rome qui a rejeté l’avertissement comme une ‘rumeur ennemie’.
Quelles que soient ses émotions personnelles, la princesse se concentrait désormais sur l’aide aux personnes dans le besoin. Après la naissance de son troisième enfant, Maria Gabriella, elle passa l’été 1940 à travailler avec la Croix-Rouge sur le Front occidental et organisa même un train-hôpital pour transporter les blessés du Front. En septembre, Marie-José rendit visite à Bruxelles pour des discussions avec son frère, le roi Léopold III, qui avait décidé de vivre l’occupation allemande avec son peuple. Il demanda à sa sœur bien-aimée de rencontrer Hitler pour demander la rapatriement des prisonniers de guerre belges et solliciter des denrées alimentaires indispensables. Encore une fois, la princesse mit de côté ses sentiments individuels pour le bien de sa patrie et rendit visite au Führer à Berchtesgaden le 17 octobre. Il semblait désintéressé, bien que Marie-José persista avec détermination et lui parla des ‘nombreuses souffrances infligées au peuple belge.’ Elle encouragea également son frère à engager un dialogue avec Hitler sur les différentes questions.

Lorsque l’Italie a déclaré la guerre aux États-Unis, en décembre 1941, la princesse avait déjà conclu que sa patrie adoptive ne pourrait pas gagner la guerre. Elle a de nouveau tenté de contacter le Maréchal Badoglio pour lui faire comprendre la nécessité d’éliminer les fascistes et de mettre fin à la guerre. Les événements allaient soutenir son point de vue : à la fin de 1942, l’Italie souffrait de revers militaires en Libye et en Russie. Le Maréchal, cependant, attendait un signal du Roi ‘constitutionnel’ qui, à son tour, cherchait un signal du peuple!
Sans se laisser décourager, la Princesse poursuivit son travail dans les hôpitaux et parmi les sans-abri et les dépossédés, dont le nombre avait considérablement augmenté en raison des bombardements alliés. Marie-José était également touchée par les manifestations d’affection du peuple envers elle lors de ses visites dans ses réfectoires à Rome et Naples. Déjà enceinte de son quatrième enfant, Maria Beatrice, la Princesse cherchait parfois refuge dans des maisons locales lors des bombardements, où elle se voyait offrir du café et, à une occasion, un bouquet de fleurs du jardin.
En revanche, Mussolini semblait distrait et marqué par le souci. L’arrogance avait disparu alors que les défaites de l’Italie s’accumulaient. Lorsque les Alliés ont envahi la Sicile le 10 juillet 1943, le roi Victor Emmanuel, d’habitude indécis, a enfin décidé d’agir et, le 25 juillet, lorsque le Duce est venu à la Villa Savoia du roi pour une audience, il a été arrêté. Il est révélateur que le Duce ait crié : ‘C’est la Princesse de Piémont [le titre royal officiel de Marie-José] qui sera heureuse.’ Il est clair que Mussolini réalisait que cette princesse ‘démocratique’ de Belgique était l’une de ses plus grandes ennemies.
À la suite de la capitulation de l’Italie face aux Alliés le 8 septembre 1943, un officiel de la Maison Royale a rendu visite à Marie-José à son emplacement actuel au Château de Serre dans la vallée d’Aoste et a demandé qu’elle se rende en Suisse. C’était probablement pour sa propre sécurité, alors que les forces allemandes envahissaient désormais l’Italie et occupaient les zones centrales et nordiques. La Princesse et ses quatre enfants se sont d’abord installés à l’Hôtel Excelsior à Montreux, puis ont déménagé à l’Hôtel Montana, à Oberhofen. Son ennemi, Mussolini, avait entre-temps été ‘libéré’ par les Allemands et avait établi la ‘république marionnette’ de Salò. Le Roi et d’autres membres de la famille royale italienne sont restés à Naples, qui a été occupée par les Alliés le 11 octobre. L’Italie a déclaré la guerre à l’Allemagne le 13 octobre.
Bien que Marie-José souhaite désormais rejoindre les forces partisanes pour combattre les forces nazies dans le nord de l’Italie, elle a réalisé que si sa participation était découverte, il pourrait y avoir des représailles pour la population locale. Au lieu de cela, la princesse s’est contentée de faire passer des armes à la frontière suisse pour une utilisation de l’autre côté en Italie. C’était très risqué car elle était sous surveillance constante des autorités suisses et aussi des agents ennemis.
Le 23 janvier 1944, le diplomate italien Gallarati Scotti a rencontré Marie-José à Oberhofen. Il a discuté d’un plan pour installer la princesse comme régente pour son fils, Vittorio Emanuele, et espérer rapprocher la monarchie du peuple. Marie-José était, après tout, considérée comme une démocrate, sans liens avec Mussolini ou son régime fasciste de droite. Cependant, ceux qui étaient actuellement au pouvoir décidèrent que l’autorité royale future devrait plutôt reposer sur son mari Umberto, qui fut nommé Lieutenant-Général du Royaume en juin 1944, avec tous les pouvoirs royaux, suite à la libération de Rome par les Alliés. Ce n’est qu’à la fin avril 1945 que Marie-José retourna en Italie, traversant les Alpes à pied depuis la Suisse, escortée par deux guides de montagne. Des combattants de la résistance communiste lui firent ensuite escorte jusqu’au Château de Sarre. Émouvant, sa présence ultérieure à un Te Deum dans la cathédrale voisine d’Aoste fut accueillie par des applaudissements chaleureux de la part des autres fidèles.
En mai 1945, la princesse déménagea à Turin et ouvrit une cantine de la Croix-Rouge pour aider les sans-abris. Enfin, elle arriva à Rome, voyageant par avion depuis Turin, le 16 juin, pour une réunion tant attendue avec Umberto qu’elle n’avait pas vu depuis deux ans. Pourtant, elle était également hantée par la vue des ruines des villes autrefois vibrantes qu’elle survolait en route. En août, les enfants royaux (qui avaient séjourné à Glion où, à un moment, Maria Pia et Maria Gabriella avaient toutes deux succombé au typhus) rentrèrent également chez eux à Rome. Pendant ce temps, Umberto avait ouvert une aile du Quirinal pour accueillir les sans-abris, alors Marie-José vendit des bijoux pour aider à fournir des fonds nécessaires à l’ouverture d’une autre cantine, ainsi qu’un atelier pour que les femmes locales puissent confectionner des vêtements. Néanmoins, il y avait beaucoup de ceux qui s’opposaient à Umberto, estimant qu’il n’avait pas suffisamment résisté à Mussolini. Umberto décida alors qu’un référendum devrait être organisé sur l’avenir de la monarchie. Celui-ci devait avoir lieu en juin 1946.
En attendant, le roi Victor Emmanuel a abdiqué le 9 mai et est parti en exil à Alexandrie en Égypte. Umberto était désormais roi d’Italie et Marie-José était sa reine consort. Mais pour combien de temps ?
Ironiquement, au moment où l’auxiliaire mentionné ci-dessus, à Cassino, faisait référence à Marie-José en tant que ‘Sa Majesté’, la nouvelle Reine se préparait déjà mentalement à l’exil. Son pressentiment était juste, car après le référendum (au cours duquel elle vota dans une école locale, en soumettant un bulletin de vote blanc), Marie-José fut informée en privé que 54 % des électeurs avaient voté en faveur d’une république. Le Roi ordonna maintenant à sa femme de partir immédiatement pour le Portugal. Mais d’abord, elle s’assura de téléphoner aux responsables de toutes ses œuvres de charité, en soulignant que leur travail devait se poursuivre sous une république.
Le 5 juin, Marie-José et les enfants prirent l’avion de Rome à sa chère Naples et à la Villa Rosebery. Elle demanda à quiconque voulait l’entendre : ‘Pourquoi ne puis-je pas rester ici en tant que citoyenne ordinaire ?’ Cependant, le lendemain matin, elle et sa famille embarquèrent à bord du navire, à destination de Lisbonne. Alors qu’elle regardait la côte italienne disparaître au loin, l’ancienne reine réfléchit : ‘Pour la première fois, je suis libre de toute la fausse apparence et de l’hypocrisie qui m’ont entourée.’ Soudain, son ‘règne’ de moins d’un mois était terminé. Elle devint désormais connue pour la postérité sous le nom de La Regina di Maggio (La Reine de Mai).
Après la confirmation des résultats du référendum, Umberto a ensuite rejoint sa famille dans un domaine à Sintra, la Quinta de Bella Vista. Lui et Marie-José ont trouvé la vie ensemble difficile. Elle a plus tard exprimé sa plainte en disant que ‘Umberto était angoissé, accablé par une souffrance intérieure qu’il ne pouvait pas partager. Cela a commencé à me perturber et m’a mis mal à l’aise dans ma propre maison.’ La fille du couple, la Princesse Maria Pia, a souligné que ses parents étaient des caractères ‘très différents’. Umberto était ‘très sérieux et conscient de son rôle’ tandis que sa mère, ‘aimait rire et marcher seule dans la rue. [Mon père] n’aurait jamais fait cela.’

Les choses dans le mariage sont devenues tendues lorsque Marie-José a reçu une transfusion du mauvais groupe sanguin lors d’une opération de l’appendicite. Elle est tombée immédiatement dans le coma et, lorsqu’elle a repris conscience, il a été découvert que sa vue était gravement altérée en raison d’hémorragies rétiniennes. La Reine s’est rendue en Suisse pour suivre un traitement sous la direction de l’ophtalmologiste Adolphe Franceschetti. Cependant, les dommages se sont révélés permanents et étaient tels que si elle regardait vers le bas, elle ne voyait rien. Marie-José restait désormais éternellement méfiante face aux escaliers. Malheureusement, il s’avérait politiquement inapproprié pour Umberto de suivre sa femme en Suisse et Marie-José, déconcertée par l’apparente incapacité de son mari à réagir à sa situation, supposait qu’il désirait la solitude.
En temps voulu, la Reine acheta un petit château, Merlinge, près de Gy. Son fils Vittorio la rejoignit là-bas, tandis que ses autres enfants lui rendaient visite à intervalles réguliers depuis le Portugal. Elle parlait désormais rarement du passé mais avouait regretter la chaleur de Naples. Ses journées étaient consacrées à des recherches sur la Maison de Savoie, dont elle écrivit plusieurs livres. Un autre intérêt était la musique, ce qui l’amena à établir le Prix International de Composition Musicale Reine Marie-José. Les voyages étaient également une attraction et, accompagnée de sa mère, la Reine Elisabeth des Belges, Marie-José se rendit en Inde (où elle rencontra Nehru) et en Chine.
Dans les années 1980, l’âge rattrapait à la fois Marie-José et Umberto. Ce dernier est décédé en mars 1983, après une longue et douloureuse bataille contre le cancer. Lui et sa femme avaient toujours gardé contact et la Reine le visitait souvent à l’hôpital. Marie-José a continué à se battre, souvent avec douleur et utilisant une canne : En mars 1988, elle a effectué sa première visite en Italie depuis 1946, visitant Aoste pour assister à une conférence historique suivie d’une visite du Palais Royal de Turin et des Archives d’État. Lorsqu’on lui a demandé ce qu’elle pensait des monarchistes italiens, elle a habilement répondu : ‘Je suis une Reine, mais je ne suis pas une Monarchiste.’
À un âge avancé, Marie-José est tombée amoureuse du Mexique lors de ses visites à sa fille Maria Béatrice à Cuernavaca. Elle a ensuite acheté une villa là-bas avec une piscine, dans laquelle elle se baignait tous les jours. La Reine a accueilli une large gamme de visiteurs, y compris son neveu, le roi Albert II des Belges. Bien que le corps de Marie-José puisse maintenant la lâcher, son esprit n’était certainement pas affecté. Maria Béatrice se souvenait de l’esprit ‘jeune’ et de la ‘manière de penser moderne’ de sa mère.
En 1995, dans un esprit réfléchi, Marie-José entreprit une visite en Belgique. L’année suivante, elle décida de retourner vivre en Suisse, cette fois avec son fils, Vittorio Emanuele. Ce dernier organisa une fête en plein air pour célébrer le 90e anniversaire de sa mère le 4 août 1996, un anniversaire qu’elle partageait avec la reine mère du Royaume-Uni, Elizabeth, qui avait six ans de plus. En 1999, Marie-José visita Florence pour recevoir la liberté de la ville et l’année suivante, elle reçut une invitation pour assister aux célébrations du 100e anniversaire de la reine Elizabeth à Londres. Malheureusement, elle était trop fragile pour accepter.

Sa Majesté la Reine Marie-José d’Italie, Princesse de Belgique, est décédée le 27 janvier 2001 à l’Hôpital du Canton de Genève, à l’âge vénérable de 94 ans. Elle avait reconnu des membres de sa famille jusqu’à la fin. Lors de ses funérailles à l’Abbaye de Hautcombe, le 2 février, son cercueil, drapé avec le drapeau belge et les armes de sa chère Maison de Savoie, a été porté par des membres de la famille et des royalties européennes. Son cher chœur Alpini a chanté quelques chansons favorites et l’hymne sarde, ‘Conservat Deu Su Re Sardu’ (chanté à son mariage) a résonné dans l’Abbaye. C’est un témoignage de la personne que, au fil des ans, la Reine est toujours rappelée avec grande affection.
















